D'accord, puisqu'il faut donner un titre: je me suis levée à 6h32, engloutti un bol de céréales jusqu'à en avoir mal au bide, j'e suis partie munie d'écouteurs sur la route du métropolitain dans lequel je suis restée vingt agréables minutes supplémentaires en raison d'une crise d'épilepsie d'un individu; j'suis arrivée en retard au bahut, j'ai loupé le début du cours de philo, j'ai remis les pieds et tout le reste dans l'eau, chose que je n'avais pas faite depuis bien longtemps, j'ai négligé tout travail pour finir posée negligeamment sur le canapé du salon et puis maintenant je suis là, à épiloguer sur mon existence en étant tout à fait convaincue du fait que personne n'en sera témoin.

D'accord, puisqu'il faut donner un titre: je me suis levée à 6h32, engloutti un bol de céréales jusqu'à en avoir mal au bide, j'e suis partie munie d'écouteurs sur la route du métropolitain dans lequel je suis restée vingt agréables minutes supplémentaires en raison d'une crise d'épilepsie  d'un individu; j'suis arrivée en retard au bahut, j'ai loupé le début du cours de philo, j'ai remis les pieds et tout le reste dans l'eau, chose que je n'avais pas faite depuis bien longtemps, j'ai négligé tout travail pour finir posée negligeamment sur le canapé du salon et puis maintenant je suis là, à épiloguer sur mon existence en étant tout à fait convaincue du fait que personne n'en sera témoin.
Et i y a toutes ces choses, qui ne durent que l'espace d'une seconde et qui vous restent quand même gravées dans la tronche pour un bon moment - et malgré nous.
Que se soit ce mouvement des corps qui se rapprochent peu à peu comme s'ils étaient timides l'un vers l'autre, hésitants les premières secondes, pour finir dans une brulante étreinte.
Que ce soit cette odeur si particulière que l'on croit retrouver mais qui au final n'est propre qu'à un signifiant sur ce truc rond qui nous sert de planète, du moins c'est ce qu'on se persuade, au fond, de croire.
Ou il y a ce rire, qui nous fait tendre l'oreille à chaque coin de rue persuadé de l'avoir reconnu.
Ou bien l'effleurement d'une main rugueuse et abimée, qui malgré tous ces attributs, se trouve être d'une douceur extrême.
Et puis ce putain de regard qui fait qu'on a envie de voir la vie autrement et qui nous donne de l'existence, une place parmi tous ces autres qu'au fond, on hait tous.

Je crois que j'ai jamais autant utiliser ce dépotoir virtuel dans un laps de temps aussi limité depuis longtemps.
Et c'est mal.
Ou bien.
Voyiez les choses telles qu'il vous plaira. Puisqu'au fond, c'est ce qu'on se borne tous à faire, en ne laissant jamais possibilité à autrui de se livrer tel qu'il est à nous. Et ça, putain, qu'est ce que c'est dommage. On pourrait enfin se comprendre comme il nous l'est carrément impossible.



Je veux comprendre.

# Posté le mardi 16 septembre 2008 17:19

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Amélie a dix-sept ans, cinq mois et onze jours.
Amélie,dix-sept ans, cinq mois et onze jours, comme toujours, change d'avis à la dernière minute et à recouvrer sa rousseur tant adorée.
Amélie, dix-sept ans, cinq mois et onze jours, redevenue rousse, est une loque enrichie de tout pleins de choses.
Amélie, dix-sept ans, cinq mois et onze jours, redevenue rousse, loque enrichie de tout pleins de choses, n'est qu'un amas de cellules grotesque et la seule chose qui leur empêche de se disperser à tort et à travers le vide du monde est cette enveloppe de chair qui la compose. Ouais Amélie va mal et si elle se permet de l'écrire et de l'étaler aux yeux de tout le monde, c'est parce que tout le monde ne vient plus ici. Et c'est tant mieux finalement comme ça elle peut s'exprimer à sa guise. Et puis pour les quelques pèlerins désireux de faire leur pub qui passeraient par là, ils seraient vite déçus. Ouais, c'est tant mieux.
Amélie a envie de donner un sens à sa vie et d'arrêter de se prendre des portes en pleine gueule. Elle a envie de comprendre même si comprendre c'est ôter toute originalité à son interlocuteur, elle le veut vraiment. Elle veut pouvoir parler, sans se sentir fléchir,se voiler la face.
Je crois que j'ai besoin des Beatles, je vais mal.
Je crois que j'ai besoin d'Alexander Supertramp, donne moi ta liberté, donne moi ta fougue, ta passion et ton impulsivité qui t'ont fait crever dans un bus au beau milieu de l'Alaska.
J'ai besoin de toi Jane et de tes histoires d'amour à la sauce Mr Darcy

Putain de merde.


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# Posté le dimanche 14 septembre 2008 16:26

Modifié le mardi 16 septembre 2008 17:27

J'me la joue J.-J.




Amélie. Dix-sept ans et deux mois et vingt-cinq jours. Un mètre soixante. Quatre trous à la place des dents de sagesse. Deux ans d'enfer. Trois jours encore de supplice. Quatre-vingt gamins. Un an d'innocence à préserver. Vingt-cinq centimètres de cheveux ( ! ) . Un c½ur et un esprit tout escamotés.








J'me la joue J.-J.
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# Posté le samedi 28 juin 2008 11:09

Modifié le samedi 28 juin 2008 15:57

The monkey on your back is the latest trend.

Voir des bonhommes sur un gazon vert fraichement coupé s'arracher un ballon de la forme d'un supositoire géant, entouré de gens dont la religion se résume à un terrain de terre battue et du dit gigantissime supositoire, vous pouvez pas vous imaginer à quel point c'est jouissif. Je ne peux pas m'empecher de me demander comment leur corps athlétique rendrait s'il était vêtu d'une jupette à motifs écossais. Je suppose que le mouvement engendré par le désir de la victoire, les feraient onduler sensuellement sur des molets tous abimés par l'effort.
C'était l'éloge du supositoire géant et de ses dieux d'acolythes en tenue écossaise.
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# Posté le dimanche 23 mars 2008 14:52

Modifié le lundi 24 mars 2008 17:55

Au Chapelier fou.

Au Chapelier fou.

Au Chapelier fou, c'est la que tout a commencé. C'était un après-midi de février, à cette période où les arbres sont encore nus de feuilles mais où l'on sait quand même que les premiers boutons, ceux qui vous rallument de l'intérieur, ne vont pas tarder à sortir le bout de leur nez. Oui, c'est dans cette piaule poussiéreuse de chaleur et de bienveillance, située à l'angle, là-bas et qui donne sur la rue Yves Toudic, que j'ai compris un truc fondamental. Yves Toudic, personne le connaît ce mec, Microsoft Word me le souligne tout de rouge et Google ne se montre pas tellement coopératif, pourtant il me parle ce mec ou ce café plutôt. En fait, non c'est le café qui me parle le plus si vous préférez. Le Chapelier fou, un drôle de nom assez folichon pour un café, on sait pas ce qu'il vient foutre la, il est pommé entre les célèbres Starbucks où la légende voudrait que J.K. Rowling y ait pondu son Harry Potter et autres petits cafés en tout genre, commençant tous par le banal « chez ». En fait voila, c'est pour ça qu'il me plait ce café, tout d'abord parce qu'il n'y a pas « chez », il n'y a rien parce qu'il est pommé, mais ça je l'ai déjà dit, il est pommé comme moi. Non, mais quand vous l'entendez comme ça la, tenez – essayez un peu pour voir, écoutez- alors ? Moi ça me glisse doucement a l'oreille campagne puis très furtivement ça passe à BD avec un savant fou du genre du professeur Tournesol, sauf que la, ben c'est un chapelier quoi. Mais en fait c'est quoi un chapelier ? Bon ok, on est d'accord c'est un mec qui fabrique des chapeaux mais avant d'étaler ma science approximative, j'ai décidé d'aller chercher dans le dico.
On nous dit : « Le plus souvent, le travail du chapelier est varié puisque, mis à part la réalisation, il se charge de la réparation et du rafraîchissement de chapeaux sans oublier bien évidemment son importante activité de conseil clients. Il aide ainsi les différents acheteurs à trouver le Chapeau adapté à leur silhouette, aux événements...
A noter qu'à la différence du modiste qui réalise le plus souvent des pièces uniques, le chapelier fabrique lui des chapeaux en série. »
Il n'y a rien qui vous interloque, qui vous arrête, qui vous prend là-dedans ? Et bien moi ci, c'est ce petit bout de phrase : « ... sans oublier bien évidemment son importante activité de conseil clients. » Regardez avec quelle insistance ces mots sont tournés. L'adverbe est placé bien où il faut et doublé qui plus est. Tout ça pour dire que, non, l'adverbe ne constitue pas en lui le plus important mais il met en valeur le reste de la phrase. Et le Chapelier fou, c'est ça, c'est ce bonhomme qui porte le monde sur ses épaules sans le savoir parce qu'il est simplement là. Le Chapelier fou est une ouverture sur le monde qui nous entoure, lorsqu'on est à l'intérieur, on a la désagréable et jouissive impression d'être dans un univers hermétique, comme coupé du reste du monde que l'on peut observer à sa guise. Et c'est la que la vie commence.





Amélie


Pix: Juno et le grand benêt de Bleeker sur un air des Moldy Peaches, incomparable: Anybody else but you.
Je veux et j'exige la même chemise.

# Posté le dimanche 02 mars 2008 20:40

Modifié le lundi 03 mars 2008 06:09